Le départ était prévu à 08h00 aux pieds des tremplins de saut à Courchevel pour un Trail de montagne de 30kms avec 2000m D+. Vers 04h30 les concurrents du 50 kms s’étaient élancés à la frontale.
Etant un peu à la bourre, le GPS indiquait une arrivée au Praz (lieu du départ) vers 07h50 : une conduite sportive devait être mise en place ; l’ascension vers Courchevel se fit en
version rallye – étapes spéciale…et cinq minutes furent grappillées. Préparation rapide et pas le temps de s’échauffer.
Au brieffing les organisateurs annoncent que le parcours a été modifié : 3,5 kms avec 300m D+ ont été rajoutés, ce
qui équivaut a environ 40’ de course en plus (par rapport à l’an dernier) pour les meilleurs.
08h05 le départ
est donné, on est 155 participants pour ce 33kms. D’entrée on a, après 100m de faux plat descendant environ 500m à 18% : les choses sont claires tout le monde marche (même les meilleurs…).
Je m’aide des bâtons car sur ce circuit ils sont indispensables, ceux qui ne les auront pas pris, s’apercevront du manque au delà des 1800m d’altitude. Le point culminant que nous atteindrons se
situera à 2700m : Mont Charvet.
Après ces 18%, on grimpe dans la foret par un sentier de randonnée a environ 5 à 7%, pour atteindre les alpages et les
piste de ski de Courchevel 1850. On dérange évidement les Abondances et quelques chèvres : de concert elles nous encouragent a grands sons de clarines, accompagnées des cris de
marmottes : c’est la fête en haute montagne et ça nous fait plaisir. Comme chaque fois j’ai embarqué avec le matériel de sécurité obligatoirement demandé par l’organisation et contrôlé au
départ, mon appareil photo.
Quand les trains ne passent pas: heureusement qu'il y a les trailers...
Plusieurs concurrents me demanderont de les prendre en photos pour immortaliser certain passages, soit aux cotés d’une vache bien charnue, soit sur les crêtes du mont Charvet, soit avec le mont
Blanc en arrière plan… Ensuite on enchaine sur des pistes rocailleuses : montées et descentes assez raides. Là le manque d’habitude de courir en altitude se fait sentir, le souffle est court
mais le rythme cardiaque n’est pourtant pas élevé.
Le premier ravito se trouve au 8ème kilo, (saucisson, fromage, jambon, tome de savoie, sucré, salé, eau, coca, ect…), on sent bien que l’on est chez les montagnards : c’est du
copieux…
On repart sur du mono trace, on passe un col surplombant le lac de « La Rosière » et on plonge dans le vallon. Le paysage est sublime : une photo s’impose…
Lors de ma prise de vue, un groupe de 10 trailleurs me double : les boulles… Un peu plus loin je m’aperçois que je suis un peu plus rapide qu’eux en descente, je décide donc de revenir sur
eux et d’intégrer le groupe. Ca descend fort et tout en épingle a cheveux ; mais voila, arrivé trop vite dans un virage, je dérape, me retrouve au sol, glisse sur 5m dans la boue et en me
relevant constate que la carrosserie a été rayée a deux endroits et qu’un de mes bâtons est plié : c’est grave pas on repart… On enchaine montées, passage de cols et descente pour enfin
attaquer le gros du morceau, c'est-à-dire l’ascension du Mont Charvet : environ 2kms à 30%. On ziguezague sur le flanc de la montagne, on grimpe
a environ à 2km/h, les uns derrière les autres, comme si on faisait partit d’une même cordée allant au camp de base : les cuisses chauffent et ceux qui n’ont pas pris de bâtons font quelques
pauses forcées. Arrivée a la cime du mont Charvet le spectacle est grandiose, beaucoup se font prendre en photo : tant pis pour le chrono. On essaye de courir sur la ligne de crête pendant
environ 2 kms tout en étant très vigilant, le précipice est a la fois a droite et a gauche : on est sur une mono trace d’1m de
large.
Avant d’attaquer les10km de descente sur les alpages et dans la foret, on doit franchir sur
100m de gros rochers et des éboulis : on reste concentré au maximum… Dans la descente, on pense que l’on va pouvoir souffler un peu et récupérer des efforts fournit dans les
ascensions ; eh bien non, cette descente assez raide et très tortueuse est terrible : les bâtons aident bien mais les épaules commencent à faire mal, on ressent tous les tendons et les
cuisses font souffrirent. Cette descente est interminable. La descente terminée, on arrive au ravitaillement : la on prend tout ce que l’on trouve (jambon, saucisson, eau, coca, gel, sucré,
salé.). J’avais prévu de prendre un dernier gel à 3 kms de l’arrivée, chose que je fis, mais là : oh surprise, plus d’eau dans le camel-back. Je suis un peu déshydraté dans les deux derniers
kilos et les faux plats deviennent des bosses ou il faut presque s’arracher pour passer… Je passe la ligne en 05h25 à la 90ème place.
Le parcours du 53 kms avec ses 4400m D+a été remporté par Dawa Sherpa avec 25’ d’avance sur le second.
Les bouées jaunes étant posées à demeure, la plage de l'Almadraba nous tendait généreusement
les bras pour nos séances de natation quotidiennes. Dans notre dos, c'était le massif du "Cap Creux" qui allait nous offrir ses chemins et sentiers , nous permettant d'enchainer randonnées
pédestres, VTT et footing version trail...
